La leucémie


Une affection tumorale de la moelle osseuse

Leucémie signifie «sang blanc» : il s’agit d’un afflux, parfois massif, de globules blancs anormaux dans les vaisseaux sanguins ; d’une maladie tumorale dont le siège initial est la moelle osseuse. Cette dernière, distribuée dans les cavités du squelette, a pour fonction de produire l’ensemble des éléments cellulaires d’importance vitale que contient notre sang. Ainsi, qui dit invasion vasculaire sous-entend généralisation à l’ensemble de l’organisme et risque d’infiltration de divers organes et tissus : augmentation de volume (rate, foie, ganglions), mise en péril de fonctions essentielles (celles des poumons, des reins, du système nerveux, de la coagulation du sang, de lutte contre les infections), occlusion de petits vaisseaux sanguins, et surtout, en cas de leucémie aiguë, inhibition de la production des cellules normales du sang.

Pour chaque malade, il s’agit d’un événement grave, bouleversant dans son aspect brutal et imprévisible. Le diagnostic est associé à la notion, souvent erronée, de traitements lourds et à l’éventualité d’une mort imminente.

Un groupe très hétérogène

L’hétérogénéité des leucémies réside dans la nature de la cellule initialement impliquée et dans le type de mutation qui a engendré la transformation maligne. Ainsi, une leucémie du nourrisson n’est-elle pas comparable à celle d’un enfant, d’un jeune adulte ou encore à celle d’une personne âgée. Le diagnostic «leucémie» cache donc nombre de formes différentes, d’évolutions et de sévérités très variables.

Prévoir les chances de guérison, adapter le traitement

En se fondant sur les caractéristiques des cellules tumorales d’un patient, il est possible d’établir des scores de gravité permettant de présenter à ce malade un pronostic : quelles sont statistiquement les chances initiales d’une réponse favorable au traitement, quelles sont, par la suite, les chances de guérison et, fait d’importance, quels moyens mettre en œuvre pour obtenir le meilleur résultat possible ? En d’autres termes, faire le choix d’un traitement individualisé, adapté aux propriétés de la maladie et aux caractéristiques propres au patient. Il n’est plus correct de parler du pronostic de la leucémie, mais bien du pronostic d’une forme donnée de leucémie.

Certaines de ces maladies sont guéries dans plus de 80% des cas, d’autres aux environs de 50 %. Les résultats, pour d’autres encore, restent pour l’instant intermédiaires ou franchement décevants.

Les traitements

Les traitements ne cessant de s’améliorer, les chances de guérison sont devenues, pour beaucoup de malades, une réalité. La chimiothérapie et, pour certains patients, la transplantation de progéniteurs hématopoïétiques (anciennement transplantation de moelle osseuse), restent des traitements standards.

De nouvelles approches témoignent d’un souci de spécificité, donc de moindre toxicité ou de toxicités différentes. Une meilleure compréhension de la transformation maligne a permis de développer des médicaments capables d’annuler les effets délétères d’une anomalie génétique, cause d’un type donné de leucémie. De plus, des traitements immunologiques, basés sur l’utilisation d’anticorps générés par génie génétique, sont utilisés en routine, suivis de près par la production au laboratoire de cellules dotées d’une activité anti-tumorale ou de vaccins.

Les causes

De grands progrès ont été accomplis dans la détection, puis la compréhension des anomalies génétiques qui provoquent, chacune à leur manière, la «leucémisation» d’une cellule. Ce qui échappe encore à notre compréhension est l’enclenchement de ce processus. Pour utiliser une image simple, un mécanicien peut détecter la cause d’une panne de moteur. Mais pourquoi cette pièce précisément est-elle devenue défaillante ?

Retrouvez plus d’informations sur le site des HUG: http://www.hug-ge.ch/ et de l’UNIGE http://www.unige.ch/