Journal de bord

POSITION ET METEO ACTUELLE (JOURNAL DE BORD PLUS BAS)

Position 10 décembre 2025 7h15 (GMT-3) 17°15.435′ N 048°30.839′ W
Vent E 20-26 noeuds Houle E 2,7m 8 secondes Baro 1018 hpa
Distance parcourue 2’128 miles nautiques, soit plus de 3’940km (reste une distance théorique en ligne droite de 738 miles nautiques)
Ci-dessous vous trouverez notre journal de bord et si vous avez Instagram, vous pouvez même faire un tour sur le compte de la Fondation pour des contenus exclusifs (fondation_dfdl).

10 DECEMBRE : LE VIEIL HOMME ET LA MER

Vous pensiez qu’avec ce titre nous allions vous parler de poisson? Et bien nous aurions pu parce que l’autre jour un très très gros poisson a mordu à l’hameçon et la lutte a été terrible (notre fil a une charge de rupture de 75kg). Notre moulinet de traîne a d’ailleurs partiellement rendu l’âme dans l’exercice, mais nous n’aurons pas eu à l’arrimer le long de notre embarcation parce que dans un effort imparable il a réussi à se libérer de notre hameçon.
Mais ce n’est pas du tout le sujet du jour.

Notre veille permanente consiste à surveiller tous les navires qui pourraient croiser notre route visuellement ou sur notre écran de contrôle.
Vous pourriez vous imaginez que nous en croisons une bonne douzaine par jour.
En fait, c’est plutôt une douzaine au total depuis que nous nous sommes éloignés des Canaries.
Quand il s’agit d’un cargo, nous ne faisons rien d’autre que l’éviter si la réciproque n’est pas vraie.
Par contre, si un voilier apparait sur notre écran de contrôle, nous nous appelons systématiquement par VHF (notre radio de bord) pour échanger un peu.

Et alors nous avons eu tous les cas de figure, 1. le bateau qui ne répond pas (l’équipage dort ou la radio est éteinte, ce qui est interdit), 2. le voilier qui répond mais notre interlocuteur a vraisemblablement autre chose à faire parce qu’il écourte rapidement l’échange, 3. l’équipage soulagé d’avoir enfin à qui parler parce qu’il n’a eu que les cas de figure 1. et 2. et enfin il y a AMEN. Si si c’est le nom du voilier en question qui apparait sur notre écran de contrôle et qui répond à notre appel. Un homme seul sur son voilier, sculpteur de profession, il a tout de même 81 ans.
Cet homme vit sur son bateau depuis quarante-et-un ans, traverse l’Atlantique pour la quarante-troisième fois, sans parler de ses deux tours du monde.
Comme chaque année, il traverse en direction de la Martinique où il va sculpter tout ce qui lui tombera sous la main.
Evidemment, nous lui posons tout un tas de questions sur ses aventures maritimes jusqu’à la question du plus beau moment de ses quarante-et-un ans de navigation. Sa réponse: « maintenant, le moment où je parle avec vous ».
Quelle belle leçon, dont il faut comprendre que le plus beau moment de notre vie est celui que l’on vit, ni passé ni futur, juste l’instant présent.

Il nous a aussi donné sa recette pour cuisiner les poissons volants, mais celle-là on la garde. Bon vent!

9 DECEMBRE : VOUS N’AVEZ PAS PEUR?

Auriez-vous peur quelques minutes après cette image, au milieu de l’océan, alors que le soleil se couche pour une longue nuit?

Et bien nous, honnêtement, un peu, parce que même si nous pensons savoir ce qui nous attend, nous savons qu’en fait c’est l’inconnu.
Hier soir par exemple, alors que les nuages cachaient la lune et qu’il faisait très noir, vers 23h, l’effet d’un grain a subitement fait doubler la vitesse du vent. Nous avons tout de suite compris que ce grain complètement imprévu impliquait de sortir sur le pont manoeuvrer des voiles immenses dans les sifflements inquiétants du vent et au milieu d’une immensité noire dans laquelle une chute serait fatale.
Il parait que celui qui n’a pas peur en mer n’est pas un marin et celui qui n’a peur de rien et de tout ne l’est pas non plus. Tout est comme souvent une question d’équilibre.
Evidemment la préparation est essentielle car comme l’a relevé Eric Tabarly, « naviguer ne convient pas aux imposteurs, dans bien des professions on peut faire illusion et bluffer en toute impunité, en mer on sait ou on ne sait pas ».
Ces contraintes, nombreuses, que l’on vit depuis deux semaines déjà, sans même parler de la préparation de notre aventure, nous les avons choisies, et toujours selon Eric Tabarly, c’est un privilège. Nous le vivons comme tel, avec beaucoup de reconnaissance.
Ce grand navigateur et régatier a ajouté que « la plupart des humains subissent les obligations que la vie leur a imposées. »
La maladie peut être l’une de ces obligations imposées par la vie. Et soutenir la recherche comme le fait la Fondation DFDL contre la leucémie et les autres maladies du sang c’est permettre d’en savoir plus au sujet de ces maladies contre lesquelles il n’y a pas d’illusion ou de bluff, et d’améliorer la prise en charge des humains qui les subissent. Votre soutien est essentiel!
Alors avant d’embrasser la mer pour vous depuis la Transat’espoir, une dernière citation d’Eric Tabarly: « La vie est faite d’espérances »…

8 DECEMBRE : C’EST DRÔLE DE PARTIR EN NOVEMBRE !

Vous nous avez souvent interpellés au sujet de la période de départ. Mais oui, fin novembre c’est un bon moment pour traverser l’océan Atlantique, d’une part parce que la saison cyclonique se termine vers la fin du mois d’octobre et d’autre part parce que c’est en novembre que les Alizés commencent à se poser sur la zone.
Alors période propice, vous avez compris que cela ne veut pas dire une mer plate et juste ce qu’il faut de vent pour avancer. C’est au contraire une période durant laquelle les vents sont modérés à forts et la mer agitée à très agitée. En plus les variations de vent et de mer sont ponctués des grains dont nous vous avons parlés il y a quelques jours.
Pour comprendre ce qui se passe, nous avons, en plus des informations météo brutes auxquelles nous avons accès et à partir desquelles nous pouvons établir nos prévisions, une fois par jour un bulletin de notre cher routeur Michel, qui nous fournit une sécurité et des informations supplémentaires.

En plus de toutes ces données, l’observation du plan d’eau est essentielle.
Depuis que nous écrivons, nous avons eu en face de notre étrave successivement un ciel bleu, des grains et un arc-en-ciel. Et en fait, il faut aussi regarder dans le rétroviseur, parce que c’est de là qu’arrivent ces vents plus forts et parfois orageux qu’il faut anticiper.
Petit exercice pratique du lundi, nous vous avons fait une photo panoramique depuis notre bureau, sur laquelle vous devriez pouvoir déceler à plusieurs endroits ces fameux grains…

Et alors quelles sont les prévisions pour ces prochains jours? Des Alizés bien présents qui vont se renforcer substantiellement, avec des vents qui vont s’établir entre 20 et 23 noeuds (37 à 42 km/h) et des rafales jusqu’à 33 noeuds (plus de 60 km/h) et des vagues jusqu’à 3,3m (donc les plus grosses entre 4 et 5m de haut).
Vous l’avez compris, on se prépare à autre chose qu’une petite promenade de santé.
Nous avons fait le tour du bateau et des cordages à bord, inspecté les voiles, fait de l’ordre au piano (celui pour les manoeuvres pas pour la musique) et même une petite montée au mat, puis au bout de la bôme pour régler des petits soucis. Alors nous sommes prêts, enfin autant qu’on peut l’être au milieu de l’inconnu de l’océan. Bon début de semaine à vous!

7 DECEMBRE : ON A TOUS LE MÊME SOLEIL, ET LA MÊME LUNE…

Entonner cette chanson de Gregoire prend une autre signification lorsque le soleil et la lune se mettent à rythmer réellement votre quotidien (avec les vagues bien évidemment).
Tout l’équipage de la Transat’espoir commence à piquer du nez à 18h parce qu’il fait déjà nuit et les « Papa, Maman, c’est le jour? » se font déjà entendre dès 5h30 du matin.
Alors nous nous sommes donnés de la peine pour vous faire une photo des deux en une (je ne vous dis pas la figure de style qui a été nécessaire pour la réussir après de nombreux essais 🤣, mais garanti sans trucage).

Le petit point blanc sous la voile est la lune et celui jaune dans les filières est le soleil, et ce sont les même que ceux que vous pouvez voir chez vous.
Oui je sais que vous le saviez déjà. Mais lorsque vous êtes en mer depuis un certain temps, il est plus facile de s’émerveiller des choses simples de la vie, d’être ému par exemple par la nature.
Oui le soleil se lève, et c’est bien normal. Mais avez-vous déjà imaginé que cela ne soit pas le cas? Charles-Ferdinand Ramuz l’a fait lui. Avez-vous imaginé tout ce que le soleil nous apporte? Nous sommes en sommes bien reconnaissant ici sur North Star.

Quant à la lune, Paul Klee la considère comme le rêve du soleil. En tout cas elle accompagne presque entièrement nos nuits et nous en sommes très reconnaissants car la navigation n’en est que que plus agréable. C’est bien la lune sur la photo (la prise de vue numérique a fait des progrès)…

Alors en ce beau dimanche, pourquoi ne pas prendre le temps de reconnaitre et de dire merci pour ce qui est là sous nos yeux, qui nous semble peut-être normal, mais qui est en même temps extraordinaire?
Et puis, vous avez vu? Nous avons déjà parcouru plus de 3’000km depuis Las Palmas!

6 DECEMBRE : NOTRE POINT NEMO, NOTRE EVEREST…

Albert a lu 20’000 lieues sous les mers en deux jours.

Alors comme nous avons parlé du Captaine Nemo, nous avons aussi parlé du point Nemo.
Le point Nemo ce n’est pas au milieu de l’Atlantique, c’est au milieu de l’Océan Pacifique, le point de plus éloigné de toute terre. Il est tellement éloigné de la côte que lorsque l’on s’y trouve, l’on est plus proche de la station spatiale internationale que de la côte…
Soit, à mi-chemin de la Transat’espoir, nous sommes au milieu de l’Océan Atlantique, mais si les grands marins professionnels franchissent leur « Everest des mers » en faisant le tour du monde, vous nous pardonnerez de considérer que nous sommes en train de gravir le nôtre en ce moment même et de tenir le point à équidistance entre Las Palmas et la Martinique comme notre point Nemo.
Quoi qu’il en soit, nous sommes heureux de partager cette aventure en famille! Le projet est bien nommé « Transat’espoir : une famille pour DFDL »…

Et puisqu’il s’agit de gravir des montagnes aujourd’hui, ne serait-il pas magnifique de faire un Everest de dons à la Fondation pour soutenir la recherche contre la leucémie et les autres maladies du sang?
C’est un rêve, mais les rêves peuvent se réaliser.
Pour l’heure, nous souhaitons à tous ceux qui vont participer à la Course de l’Escalade de ce week-end beaucoup de plaisir dans l’effort et à vous tous, que la situation ait été choisie ou imposée, beaucoup de courage pour gravir votre Everest.

Nous embrassons l’Atlantique pour vous.

5 DECEMBRE : SACRÉ CHARLEMAGNE !

L’Empire carolingien n’a été conquis que par la terre, et il n’a probablement jamais navigué sur la mer, mais ce sacré Charlemagne a tout de même son effet au milieu de l’Océan… et oui nos quatre enfants doivent faire l’école tous les jours!

C’est Michèle qui tient sa classe en faisant preuve d’un engagement et d’une patience à toute épreuve (en plus quand on sait que ses journées commencent entre 2h30 et 3h du matin!). Classe à quatre degrés scolaires, mais aussi avec d’autant de motifs de distraction…
La journée a d’ailleurs commencé de manière très particulière, puisque les enfants ont pu parler à leurs camarades en direct de leur école, un moment vraiment spécial pour eux, d’entendre leurs chers amis presque deux semaines après leur départ.

Pour ce qui est de notre route, vous aurez constaté sur la position du jour que nous avons enfin parcouru une distance plus grande que celle théorique qui nous reste à parcourir 🍾🥳!
Enfin, ce matin a été aussi l’occasion pour les plus grands de faire une manoeuvre un peu risquée, soit de monter à mi-hauteur du mat (qui culmine à 25m au-dessus de la mer) pour récupérer une drisse sectionnée par le ragage (usure par frottements). Sur la photo c’est bien moi en dessous du radar, hissé par Michèle qui a tout géré depuis le piano de North Star (l’endroit où reviennent tous les bouts). Quel soulagement une fois revenu sur le pont. Et vous, avez-vous aussi prévu de l’escalade aujourd’hui?

4 DECEMBRE : MER PLUS BELLE, MER POUBELLE ?

Ce vers de Raymond Grison nous vient à l’esprit au moment d’écrire ces quelques lignes.
La pêche n’est pour l’instant pas très bonne, loin des récits de dégustations quotidiennes de poissons lus dans les anciens récits de transats (bon on n’a peut-être pas non plus la technique).
Michèle a bien pêché quelque chose, mais du plastique… au milieu de l’Atlantique.

Se retrouver ainsi confronté à notre pollution à plus de mille miles nautiques de toute côte nous laisse songeurs, d’autant plus lorsque l’on sait le mal que ces plastiques, une fois sous forme de micro plastiques, fait à la faune et à la flore…
Nous prenons cette mésaventure comme l’occasion de nous rappeler l’importance de prendre soin de notre Terre et de nos océans!
A bord, la gestion des déchets demande beaucoup d’organisation. Nous trions tout ce que nous pouvons avant de tout stocker à bord sauf les déchets purement organiques comme les déchets de cuisine qui peuvent être jetés par dessus-bord conformément à la convention MARPOL 74/78.
Nous réalisons qu’en triant consciencieusement ce type de déchets, nous n’en produisons pas tant que cela. Il parait qu’en Suisse nous jetons trop de déchets organiques dans nos poubelles qui finissent incinérés plutôt que compostés, ce qui constitue un grand gaspillage de ressources… à méditer!

Mais pour finir sur une note plus positive, nous vous confirmons que la mer est toujours aussi belle, et nous l’embrassons pour vous!
Arthur Rimbaud a écrit que l’Éternité, c’est la mer mêlée au soleil, jugez par vous même…

3 DECEMBRE : VOUS METTEZ L’ANCRE POUR DORMIR?

Question tout à fait pertinente que plusieurs d’entre vous nous ont posée avant notre départ.
Alors, non nous n’avons pas 3’000 mètres de chaîne à bord (celle à bord fait plus de 3kg au mètre, je vous laisse faire le calcul).

Cela me fait penser à une histoire lue dans un bêtisier marin (oui même les navigateurs peuvent faire des choses moins inspirées que d’autres), pour démêler 120m de chaine sur un voilier, ses occupants avaient imaginé aller au large, ils avaient descendu toute la chaîne dans l’eau qui s’est magnifiquement démêlée, mais avant de se rendre compte qu’il était impossible de remonter toute cette chaîne qui tombait à pic puisqu’elle faisait alors le poids de la chaine entière sans compter celui de l’ancre.
D’ailleurs savez-vous pourquoi on dit « mouiller une ancre » plutôt que jeter l’ancre ou larguer l’ancre? Parce qu’elle peut resservir 🤣…
Blague à part, avec tout ça vous ne savez pas comment on gère les nuits à bord…
Et bien je m’occupe de la première partie de la nuit sur mon quart qui commence à 17h et qui se termine à 3h du matin et puis Michèle assure la veille jusqu’à 9h, avant de faire l’école à bord. Rassurez-vous après quelques jours (et nuits) on s’y fait.
En plus, avec la collaboration de la lune cela peut être très beau. Je vous laisse en juger avec cette photo prise hier durant un quart de nuit.

📢 FLASH INFO TRANSAT’ESPOIR DU 2 DECEMBRE 📢

Après une journée à un train de sénateur forcé par la faiblesse des Alizés et ponctué par de très nombreuses manoeuvres, nous venons de passer le cap symbolique des 1’000 premiers miles de notre traversée!
Cela signifie que nous avons parcouru plus d’un tiers de la distance qui sépare les Canaries des Antilles 🥳.
Pour fêter ça, petit goûter sur le flying deck avec un gâteau aux bananes trop mûres…

Et parce qu’on aimerait vous dire merci à notre manière pour votre soutien et vos encouragements depuis le début de cette aventure, voici le beau coucher de soleil du jour, rien que pour vous. A demain pour la suite de la Transat’espoir : une famille pour DFDL!

2 DECEMBRE : POURQUOI NE VA-T-ON PAS TOUT DROIT ?

Pourquoi ne suit-on pas une ligne droite vers les Antilles ?
Non ce n’est pas lorsque l’on s’endort que North Star dévie de sa route… ni lorsque les enfants prennent la barre non plus 🤣!

Notre route tient compte de la météo : on cherche à éviter les zones avec trop de vent, pas assez de vent, ou des grains et orages parfois très violents. Une fois cette route théorique choisie, il faut transformer le vent en vitesse. Or un voilier ne peut pas avancer face au vent, et il n’est pas non plus idéal d’aller plein vent arrière : la bôme pourrait passer violemment d’un côté à l’autre avec de lourdes conséquences, et le bateau serait de toute façon plus lent. Résultat : on avance en faisant des zigzags pour profiter au mieux du vent et rester en sécurité.
On adapte aussi la taille des voiles notamment en prenant ou larguant des ris (non pas de veau!).
Devinez, ce que j’ai trouvé après en larguant des ris ce matin? Encore un passager clandestin!

Pour arriver là-haut le poisson volant a quand même dû sauter à plus de 5 ou 6 mètres au-dessus de l’eau! Bon il y est retourné avec ses trois camarades retrouvés par les enfants sur le pont ce matin.
Par contre, il faudrait qu’ils se mettent d’accord avec leurs congénères non volants qui refusent de mordre à l’hameçon au bout de notre ligne de traîne… en attendant, il fait beau et nous espérons que chez vous aussi.

1er DECEMBRE : C’EST SÛR UNE TRANSAT EN FAMILLE ?

Nous espérons que vous avez bien commencé votre semaine! Nous l’avons fait d’une magnifique manière parce que nous avons enfin eu un contact radio avec des navigateurs à proximité, ça nous a fait plaisir et c’est toujours une bonne nouvelle d’avoir des navigateurs dans le coin pour la sécurité.

Et la sécurité à bord, c’est un vrai sujet au quotidien et il a eu une grande place dans notre préparation.
La sécurité, c’est aussi le sujet de la question que vous nous avez le plus souvent posée après « est-ce que vous êtes prêts? ».
Victor Hugo a écrit: « La mer est un espace de rigueur et de liberté. Y perdre la rigueur c’est perdre la liberté ».
C’est vrai, il faut pour chaque geste, chaque manoeuvre prendre garde à respecter toutes les règles de sécurité, même si par habitude nous pourrions croire pouvoir nous en passer.
La sécurité, en plus de la discipline personnelle, passe aussi par la conception du bateau (North Star pourrait embarquer 16 personnes en haute-mer), le matériel installé sur le bateau (Radio vhf, émetteur-récepteur AIS, balise EPIRB, radar, radeau de survie, lignes de vie, entre beaucoup d’autres) et par du matériel personnel (gilet de sauvetage, harnais, balise AIS MOB, PLB personnelle, moyens de signalisation, couteau de survie, et j’en passe).
La sécurité est aussi assurée par les centres de coordination de sauvetage en mer (MRCC) qui pourraient être alertés, notamment en cas de déclenchement de notre balise satellite par exemple.
Savez-vous que si nous devions déclencher notre PLB enregistrée en Suisse (balise satellitaire personnelle de détresse), c’est la REGA qui recevrait l’information en tant que notre MRCC national.
J’aimerais encore ici les remercier parce que sont eux qui sont venus me sauver dans la montagne il y a presque cinq ans lorsque je me suis fracturé la colonne vertébrale.
La sécurité, c’est enfin les sauveteurs, femmes et hommes qui s’engagent, bénévolement pour beaucoup, pour sauver les vies des autres.

Avez vous pris un instant pour penser que tous les soignants participent de notre sécurité au quotidien tous les jours, et que nous avons une chance inouïe de les avoir?
Et bien faire avancer la recherche médicale, c’est augmenter notre sécurité à tous. Et c’est cela que soutient la Fondation dans le domaine de la leucémie et des maladies du sang. Pourquoi ne pas soutenir cette cause en ouvrant la première case de votre calendrier de l’Avent?

30 NOVEMBRE : DES GRAINS, DES GRAINS, DES GRAINS

La vue est magnifique depuis la Transat’espoir…

Depuis hier nous naviguons dans les Alizés, mais avec les grains en plus… Qu’est-ce donc que cela? Pas de meunier à l’horizon, il s’agit en mer d’un phénomène météo qui implique une augmentation soudaine de la force du vent, parfois accompagnée d’averses ou d’orages.
En pratique, nous avons souvent eu environ 18 noeuds de vent (3 beaufort) qui passent à 30 noeuds (5 beaufort), ce qui correspond à une augmentation soudaine de 33 à 55 kmh.
Alors si vous scrutez bien l’horizon, vous pouvez parfois apercevoir les nuages noirs avec la pluie dessous qui approchent. Mais vu le temps nécessaire pour réduire les voiles sur ce bateau, l’anticipation est cruciale. Tout se passe bien, un peu de bricolage nécessaire à bord, mais nous vous expliquerons cela un autre jour.
Pour l’heure, nous voulons aussi partager avec vous la petite surprise de ce matin sur le pont… un poisson volant. Le passager clandestin qui sentait déjà la marée a été prié de débarquer.

La pêche avec notre canne de traine n’a pour l’instant pas été très fructueuse, mais notre vitesse élevée avec les accélérations dans les vagues ne sont pas idéales pour pêcher efficacement. Si nous remettons la ligne à l’eau avec succès, nous ne manquerons pas de vous le faire savoir!
Pour l’instant, un bel arc-en-ciel qui a accompagné la fin d’un grain ce matin. Bon dimanche!

29 NOVEMBRE : BARRE DES 500 MILES PASSÉE

Après une nuit musclée avec des vents jusqu’à 25 noeuds (un peu moins de 50 kmh), nous avons passé ce matin le cap des 500 premiers miles nautiques parcourus, soit plus de 900 kilomètres (sur 5500 kilomètres environ).
La houle qui était déjà bien présente à 1,40m hier est passée à 2,40m (Pour ceux qui ne savent pas ce que cela veut dire, c’est la hauteur moyenne du tiers des plus hautes vagues, donc les vagues les plus grandes sont d’environ 3m de haut).
Certain d’entre vous se demandent ce qu’on mange à bord… et non pas de lyophilisé, que du frais! On n’a pas embarqué autant de fruits et légumes que pour les photos à l’arrière du bateau!
A titre d’exemple nous avons mangé un gratin de pâtes aux courgettes, un risotto aux agrumes, une salade grecque revisitée avec de la foccacia au romarin maison (enfin bateau), du cake à la banane et à l’orange (en fonction des fruits qui murissent trop vite), de la salade de quinoa et crudités, etc… La nourriture est importante pour le moral alors on se fait plaisir! Et vous, qu’avez-vous prévu de manger ce week-end? Sur Floatinn, le grand catamaran dans la rade, ce sera raclette sur le lac (Merci à Jean-Luc et Mitsuko grâce auxquels nous avons pu nous familiariser avec un grand catamaran cet été!).

28 NOVEMBRE : LA GESTION DES RESSOURCES

La gestion des ressources est un sujet très actuel. Et bien sur un bateau au milieu de l’océan, c’est une préoccupation de chaque instant.
La discipline est importante dans la gestion de toutes ces ressources, que ce soit chaque litre d’eau ou chaque ampère demandé aux batteries.
Nous avons tous des efforts à faire à terre comme en mer. Cela passe par fermer le robinet d’eau pendant que l’on se brosse les dents, adopter des stratégies pour limiter l’eau de vaisselle ou couper tout appareil électrique qui n’est pas nécessaire.
Cette discipline peut faire penser à celle beaucoup plus stricte de la recherche telle que celle soutenue par la Fondation Dr Henri Dubois-Ferrière Dinu Lipatti.
Là aussi, chaque élément compte, une donnée, un échantillon, une hypothèse, qui doivent être minutieusement utilisés, interprétés, conservés.
La gestion précise de toutes ces ressources permet de progresser dans notre compréhension de l’humain, comme par exemple l’influence de l’horloge biologique sur le système immunitaire, projet actuellement soutenu par la Fondation DFDL.
C’est aussi cette gestion de ressources que vous soutenez en faisant un don à la Fondation.
Merci d’avance de votre générosité!

27 NOVEMBRE : FACE A L’IMMENSITÉ DE L’OCÉAN

Aujourd’hui nous avons commencé à récupérer un fonctionnement plus harmonieux de nos estomacs et de vrais repas ont pu être cuisinés et dégustés à bord, ce qui est important pour le moral de l’équipage.
Roger m’a fait remarquer que la mer est ronde (pourtant il n’a pas lu Jean-François DENIAU à ma connaissance). Il a observé que tout autour de lui la mer était incurvée… et oui, depuis le large, il est à la portée d’un enfant de six ans de constater que la terre n’est pas une galette. C’est fou ce que prendre du recul permet parfois de voir les évidences.
Dans nos quotidiens, des obstacles petits ou grands peuvent nous sembler insurmontables, mais un petit pas de recul peut nous permettre d’entrevoir les solutions à notre portée ou celle de notre entourage.
Et c’est la même chose lorsqu’il s’agit de réaliser un rêve comme de traverser l’Atlantique.
Ce soir, face à la lune, nous nous sentons tellement chanceux de vivre une telle aventure en famille.

📢 PETITE INFORMATION POUR LE SUIVI LIVE SUR CARTE

Il est possible que vous ne puissiez pas voir notre position en permanence sur la cartographie.
Ne vous en faites pas, cela signifie simplement que nous sommes trop loin des terres pour que notre signal AIS leur parvienne. Il pourra cependant réapparaitre en fonction des gros bateaux que nous pourrions croiser. En attendant, nous essaierons de vous mettre des images de la cartographie ces prochains jours pour que vous puissiez nous suivre à la trace.
Là tout de suite, notre signal AIS n’apparait pas mais notre position est 26°52.240′ N 018°44.690′ W.
Et si vous avez des questions ou vous voulez avoir plus d’infos, n’hésitez pas à nous écrire sur notre email dédié transat-espoir@decandolle.ch et à jeter un coup d’oeil sur la page Instagram de la Fondation Dr Henri Dubois-Ferrière Dinu Lipatti (fondation_dfdl) pour découvrir des contenus inédits…

26 NOVEMBRE : DERNIÈRE TERRE AVANT LES ANTILLES

Premier réveil en navigation sur cette Transat’espoir pour toute la famille.
Et si vous vous posez la grande question de l’état de nos estomac… et bien vous n’aurez pas tous les détails dont nous préférons vous épargner! Mais oui nous avons le mal de mer avec cette houle qui nous accompagne depuis la sortie du port de Las Palmas. Si Michèle tient bon, Roger semble le seul tout à fait épargné de ce mal qui touche même de grands navigateurs durant les premiers jours de leurs courses au large. Je passe à un autre sujet histoire de réussir à finir de taper ces quelques lignes.
Les premières baleines ont été aperçues aujourd’hui grâce à Michèle qui scrutait l’horizon. Nous avons aussi un petit papillon qui nous accompagne à bord depuis le départ.
Un peu d’émotion en apercevant au loin la dernière île des Canaries avant les Antilles dans quelques semaines…

25 NOVEMBRE : LE DÉPART

Une journée bien chargée par une grande liste de petites choses à faire avant de partir mais chargée surtout par les émotions du départ.
Le dessalinisateur a fini par être réparé en début d’après-midi et les derniers produits frais ont pu être chargés à bord.
Nous avons même pu nous débarrasser de la plus grande partie du sable rapporté par les enfants après leur session à la plage hier après-midi.
Les formalités de départ faites à la marina, nous embrassons Beatriz et Jean-Paul qui sont à Las Palmas depuis plus longtemps que nous et dont l’aide et le soutien ont été si précieux depuis notre arrivée.

Un dernier regard en direction du large et voici le moment tant rêvé, tant préparé, tant attendu…

Michèle largue la dernière amarre, direction l’autre côté de l’Océan Atlantique!

24 NOVEMBRE : JOURNÉE ÉCOLE ET BRICOLAGE

Ça n’est pas tout ça, mais nous sommes déjà lundi, et même à quai, il faut commencer à faire l’école à bord. Tout le monde y a mis du sien sous la houlette experte de Michèle qui a magnifiquement géré sa classe.
Pendant ce temps, il s’est agi d’aller trouver un peu de matériel en tout genre pour bricoler un rideau à la place de celui qui manque dans une des cabines et pour notre oeuvre d’art du soir…
En nous baladant l’autre jour sur la jetée du port de Las Palmas, nous avions vu toutes les oeuvres peintes sur les rochers de la digue face au port. Une tradition est née de laisser une empreinte avant de partir traverser l’océan. Cela a l’air facile, mais pas tant que ça en fait… et en plus une fois que nous étions lancés, nous en avons aussi fait une dans le petit port voisin où se trouve « NORTH STAR »…

📢⚡️ BREAKING NEWS ⚡️ : DÉPART REPORTÉ AU MARDI 25 NOVEMBRE

En changeant une pièce du dessalinisateur, il est apparu qu’une autre était défectueuse et devait être changée avant notre départ. La bonne nouvelle, c’est que la pièce sera installée mardi dans la matinée.
Il parait qu’il faut savoir accepter ce que l’on ne peut pas changer, avoir le courage de changer ce que l’on peut et la sagesse de reconnaitre les deux…
Nous aurons ainsi plus de temps pour nous familiariser avec « NORTH STAR », revoir tranquillement les éléments de sécurité avec les enfants, embarquer quelques dizaines de kilos de fruits et légumes en plus, découvrir Las Palmas et surtout passer plus de temps avec notre fan club venu ici pour larguer nos amarres (merci Maman ❤️)…

23 NOVEMBRE : L’EQUIPAGE AU GRAND COMPLET

Ce matin, c’est au tour de Michèle, Pierre, Roger et Louise d’arriver à Las Palmas et de découvrir « NORTH STAR » le bateau qui va nous accompagner dans cette aventure. Notre équipage est au grand complet pour la Transat’espoir! 🥳

Pas une minute à perdre, tout le monde se met en chemin pour aller dire au revoir à tous les équipages qui prennent la mer pour rejoindre Sainte-Lucie dans le cadre du rallye de l’ARC (mention spéciale à l’équipage de « LOVITANA » de la famille de l’ancienne associée de la pédiatre de nos quatre enfants).
Les enfants commencent à s’approprier notre fière embarcation (bruyamment 🤣)…

22 NOVEMBRE : L’AVITAILLEMENT

Plus de 500 kg d’eau et de nourriture chargés aujourd’hui sur le bateau. Et avant cela il a fallu passer un certain nombre d’heures à faire les courses, sur la base d’un fichier sur lequel nous avons travaillé depuis des mois. Oui parce que prévoir 28 jours de repas pour 6 personnes sans rien oublier, cela ne s’improvise pas. Les journées sont longues et les nuits sont courtes, mais quelle chance de pouvoir vivre cette aventure. Nous avons aussi monté au mat un beau pavillon aux couleurs de la Transat’espoir, mais le vent qui souffle fort a refusé de le lever dans le bon sens, la photo sera pour un autre jour.

21 NOVEMBRE : CHANGEMENT DE DÉCOR

A quatre heures du matin, il neigeait sur la place du marché de Carouge lorsque nous sommes allés prendre le bus pour l’aéroport avec Albert, emmitouflés dans nos couches d’habits.
Quelques heures plus tard, nous voici devant le bateau en manches courtes.
Bon, cela tombait bien parce que sinon cela aurait été le moment de se retrousser les manches!
Inspection et prise en main du bateau, première partie de l’avitaillement (7 caddies géants pleins à craquer), et début d’installation dans ce bateau qui sera notre maison pour le prochain mois.

20 NOVEMBRE : DERNIERS PRÉPARATIFS

Une journée consacrée aux bagages. Le moment de se rendre compte qu’on ne pourra peut-être pas tout emporter avec nous (plus de 180kg de matériel quand même).
Mais c’est bon, on a l’essentiel : la Fondation DFDL est bien dans nos bagages et dans nos coeurs ! ❤️
Et joyeux anniversaire à la Fondation DFDL, 55 ans déjà… 🥳

19 NOVEMBRE : L’AVENTURE DÉMARRE BIENTÔT !

Toute la famille s’apprête à embarquer ce week-end pour la Transat’espoir. Vous pourrez ici suivre notre quotidien ! Merci d’avance pour votre soutien.

Guillaume & Michèle de Candolle avec Albert, Pierre, Roger et Louise